Tome VI · Les Français dans l'Afrique du Sud · Chapitre 3
Dans l'Afrique australe i. — L'escale du Cap et la marine française. II. - Savants et voyageurs français en Afrique australe. — Le p. Tachard. — L'abbé de la Caille. — François le vaillant. — Adulphe Delegorgue. III. - Les missionnaires protestants français dans le Basoutoland. - L'œuvre géographique des missionnaires. Conclusion
CHAPITRE III DANS L’AFRIQUE AUSTRALE I. — L’ESCALE DU CAP ET LA MARINE FRANÇAISE. II. - SAVANTS ET VOYAGEURS FRANÇAIS EN AFRIQUE AUSTRALE. — Le P. Tachard. — L’abbé de La Caille. — François Le Vaillant. — Adulphe Delegorgue. III. - LES MISSIONNAIRES PROTESTANTS FRANÇAIS DANS LE BASOUTOLAND. - L’œuvre géographique des missionnaires. CONCLUSION.
u dix-septième au dix-neuvième siècle, un certain nombre de Français ont passé ou séjourné dans l’Afrique australe. Leurs professions
DU DIX-SEPTIÈME AU DIX-NEUVIEME SIECLE
étaient variées, les objets de leurs voyages différents ; ils s’y sont succédé dans le temps fortuitement. Ce chapitre est donc composé d’épisodes dépourvus de liens.
534Fondé pour ravitailler les bâtiments de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, le Cap servit aussi de point de relâche aux étrangers. Pendant plus de deux siècles, de 1652 jusqu’au percement de l’isthme de Suez en 1869, les navires qui se rendaient aux Indes et ceux qui en revenaient y firent escale. Comme les autres les navires français s’arrêtaient dans cette hôtellerie des mers, qui, au détour de l’Océan Indien, avait pignon sur l’Atlantique.
Du 25 mars au 2 avril 1656, quatre bâtiments mouillèrent au Cap, la Duchesse, la Maréchale, le Grand-Armand, le Saint-Georges, armés par le maréchal duc de la Meilleraye pour transporter des hommes à Madagascar, et commandés par le chef d’escadre de La Roche Saint-André. Comme cette force française lui faisait très peur, le commandeur Van Riebeeck se montra serviable. « De sa part pour revanche aux petits présents que je lui ai envoyés, note La Roche Saint-André dans son Fournal, il m’a envoyé quantité d’herbes potagères, il m’a assisté, souffrant nos malades à terre et nous facilitant toutes choses. »
Le 12 décembre 1666 la flotte qui transportait à Madagascar M. de Mondevergue, gouverneur des îles Dauphine et Bourbon entra dans la baie de la Table. Le lendemain matin, Mondevergue ayant envoyé un officier pour faire compliment au commandeur van Quaelberghen, celui-ci « vint en personne à bord du vaisseau amiral saluer M. le général et lui offrir tout ce qui dépendait de lui et de messieurs les Etats ».
La flotte resta trois semaines au Cap, « se pourvut d’eau, de bois et de quelques rafraîchissements ». « Le 29 décembre M. le général avec MM. les directeurs (Faye et Caron), se rendit à terre à la prière de M. Qualberghen, commandant, qui les reçut avec grande magnificence et au bruit de trois saluts de tout son canon et de sa mousqueterie. »
Bien d’autres bâtiments français firent vers la même époque relâche dans la baie de la Table : le Saint-Charles, navire armé par le maréchal de la Meilleraye du 5 au 24 février 1664, le Saint-Jean-Baptiste, ayant à son bord Blois, directeur de la Compagnie française des Indes orientales, du 7 au 15 juillet 1671, les deux lougres le Barbet et le Saint-Denis du 14 au 27 août 1671 et du 16 septembre au 13 octobre 1671.
Interrompus par la guerre de Hollande, les rapports reprennent après la paix de Nimègue. La grande Escadre de Siam, composée de trois vaisseaux, le Gaillard, l’Oiseau, la Maligne, de trois flûtes, le Lion, la Normande, le Dromadaire et commandée par M. de Vaudricourt relâcha au Cap du I1 au 27 juin 1687.
535L’un des passagers, le jésuite Tachard, décrit en termes heureux l’allégresse des marins à la vue de la terre.
« Ceux qui virent le Cap les premiers l’ayant montré aux autres, on ne saurait comprendre la joie que tout l’équipage ressentit à cette vue. Chacun respirait avec avidité l’air de la terre, et il semblait que l’on y trouvât déjà des rafraîchissements. Nous avions plus de trois cents malades qui ne pouvaient se lever et le reste était si faible, surtout dans les flûtes, qu’à peine pouvaient-ils monter sur le pont. Ils faisaient pourtant des efforts et le désir de voir la terre leur faisait déjà oublier le mal que leur causait la mer. »
L’escadre mouille dans la baie de la Table, et M. de Saint-Clair, capitaine de frégate, va saluer le gouverneur Simon van der Stel, de la part de l’amiral. « M. de Saint-Clair nous rapporte, dit Tachard, que le gouverneur avait fait paraître beaucoup de joye de notre arrivée. » Simon van der Stel dissimula sous le masque du bon accueil sa frayeur qui était grande, de voir en rade des bâtiments de guerre, portant un fort contingent de troupes. Il redoutait un coup de main. « Nous les reçûmes nos canons chargés et prêts à faire feu, » écrit-il au Conseil des Dix-Sept. Il envisage même éventuellement un parti désespéré. « Des quantités de poudre furent transportées au château, vu que nous étions décidés, au moindre acte d’hostilité à mettre le feu à toute la colonie et à laisser les Français devant le néant. » Mais bientôt il se rassure. « Les circonstances nous ont favorisés, continue-t-il, beaucoup de Français sont morts pendant le voyage, beaucoup d’autres sont malades, et il règne parmi les bien portants de telles dissensions qu’ils sont vraiment hors d’état de rien entreprendre. »
Simon van der Stel autorisa M. de Vaudricourt à débarquer ses malades et à acheter aux colons des légumes et des fruits, recommandant à ceux-ci de les vendre le plus cher possible.
Quand on apprit en France le bon accueil fait à l’escadre de Siam, Louis XIV voulut remercier le gouverneur. L’année suivante, en juin 1688, l’Oriflamme arriva au Cap. Le commandant de L’Estrelle débarqua avec ses officiers et se rendit au château, et solennellement en présence du vice-gouverneur Andries de Man, du fiscal Dirk van Kuyk et du secrétaire Grevenbrock, qui faisait l’office d’interprète, il remit à Simon van der Stel un médaillon contenant le portrait du roi attaché à une chaîne en or. Très flatté, Simon van der Stel accepta avec force remerciements le cadeau sous le bénéfice de l’autorisation de ses supérieurs.
536Comment après cet échange de politesses, des marins français auraient-ils pu supposer qu’il y avait danger à s’arrêter au Cap.
Et pourtant, un an après, la Normande et le Coche y tombèrent dans un piège. Lors de leur départ de Pondichéry le 16 février 1689, on n’y savait pas que la paix était rompue entre la France et les Provinces-Unies. Au Cap au contraire on avait appris que la guerre (que nous appelons la guerre de la ligue d’Augsbourg) était déclarée. Le 26 avril 1689, la Normande pénètre sans méfiance dans la baie de la Table et y jette l’ancre. Un enseigne descend à terre pour saluer le gouverneur. Mais à peine a-t-il franchi la porte du château qu’il est fait prisonnier. Cependant, conformément aux ordres de van der Stel, deux chaloupes du Saamslag, navire de la Compagnie, « bien munies de mousquets, pistolets, poignards, piques d’abordage et grenades », s’approchent de la Normande, y montent et s’en rendent maîtres après une courte lutte. Tous les Français furent dépouillés ; la cargaison évaluée à 150 000 roupies fut confisquée.
Le 5 mai le Coche éprouva le même sort, mais non sans avoir opposé de la résistance. Il entre dans la baie et avance avec confiance, voyant la Normande chargée de pavillons blancs, que les Hollandais y avaient arborés par ruse. A son salut le fort répond coup pour coup. Néanmoins, à certains indices le commandant d’Armagnac soupçonne une situation insolite et il ordonne le branle-bas de combat. Jugeant qu’ils ne pourraient s’emparer du bâtiment français par surprise, les navires hollandais sur rade ouvrent alors le feu. « Après avoir essuyé plusieurs bordées de leur canon, écrit un officier, nous avoir désemparés, démâtés et criblés notre vaisseau, ils s’en rendirent les maîtres. » Trois hommes furent tués pendant le combat, dont le commandant d’Armagnac, qui périt glorieusement à son bord.
MAISON DE DAVID BAIRD, CONSTRUITE PAR THIBAULT
537Débaptisés, la Normande et le Coche dénommés, l’un Gæde Hoop et l’autre, Africa, furent incorporés dans la flotte de la Compagnie néerlandaise des Indes et envoyés aux Pays-Bas.
Après le traité d’Utrecht, pendant tout le dix-huitième siècle, la paix ne cessa de régner entre la France et les Provinces-Unies. Nombre de navires français relâchèrent donc au Cap de Bonne-Espérance. La Boudeuse, par exemple, sur laquelle Bougainville achevait son célèbre voyage autour du monde, s’y arrêta en janvier 1759. Bougainville fut reçu par Ryk Tulbagh, « le père Tulbagh », comme on l’appelait familièrement, qui de 1751 à 1761 gouverna le Cap avec sagesse et bonté, et il visita Nieuwland, la résidence d’été des gouverneurs, renommée pour la beauté de son jardin.
Pendant le derniers tiers du dix-huitième siècle, en raison du passage répété des bâtiments français au Cap, le gouvernement du roi y installa un Commissaire permanent. Cet agent porta le titre d’agent de la marine, puis en 178g celui d’agent de la nation. Trois bâtiments de la marine royale, par exemple, le Curieux, la Thétis et l’Actionnaire, qui en 1772 font escale dans la baie de la Table furent approvisionnés de vivres et pourvus d’appareils de gréement par les soins de cet agent nommé Percheron.
Le Cap a donc pendant nombre d’années servi à notre marine de marché d’approvisionnement. Ce temps n’est pas encore si éloigné. Qui de nous n’a dans sa famille entendu parler d’un vieux « loup de mer » qui avait relâché au Cap ? Qui de nous n’a dans son enfance goûté de ce fameux vin de Constance, dont il était d’usage parmi nos marins d’embarquer au passage un petit tonneau ?
538 ILS P. TACHARDBien que l’effort de notre exploration se soit porté de préférence sur des régions du globe toutes différentes, l’Afrique australe a cependant sollicité l’attention de quelques savants et voyageurs, dont il convient de rappeler ici les travaux. La première description en français de la colonie du Cap fut celle que le P. Guy Tachard donna dans son ouvrage : Voyage de Siam des Pères Jésuites envoyez par le roy aux Indes et à la Chine, publié en 1686.
En 1685, le chevalier de Chaumont ayant été accrédité par Louis XIV comme ambassadeur auprès du roi de Siam, six Jésuites, mathématiciens et astronomes, lui furent adjoints, dans le double objet « de travailler à la perfection des Sciences et Arts » et « de s’employer à l’avènement de la religion chrétienne ». Les savants s’intéressèrent vivement à cette mission. « Messieurs de l’Académie des Sciences nous firent l’honneur de nous recevoir par un privilège particulier dans leur Compagnie. De tous ceux qui composent cette sçavante Académie, il n’y en eut pas un qui ne fit paraître un zèle et une application particulière dans cette affaire dont le succez ne devait pas peu contribuer à la gloire et la satisfaction du roy. » Ils remirent aux Jésuites des mémoires, des cartes marines, des lunettes. Les Jésuites reçurent du roi des « lettres patentes qui les établissaient mathématiciens dans les Indes et à la Chine ». L’Oiseau et la Maligne, sur lesquels l’ambassadeur et sa suite avaient pris passage, appareillèrent de Brest le 3 mars 1685. Ils firent escale au Cap du 3I mai au 6 juin.
Les Français furent bien accueillis du commissaire de la Compagnie des Indes, van Rheede, alors en inspection au Cap, et du gouverneur Simon van der Stel. Le P. de Fontenay, chef de la mission, et le P. Tachard, s’entretinrent avec lui en portugais.
« Nous lui dimes qu’étant à terre nous serions bien aises de travailler pour l’utilité publique et de lui faire part ensuite de nos observations, afin de reconnaître par là en quelque manière les bontés qu’il avait pour nous ; qu’en partant de France, nous avions embarqué divers instruments de mathématiques, parmi lesquels il y en avait de fort propres pour trouver la véritable longitude des païs où l’on passait, sans avoir besoin des éclipses de lune ni de soleil ; nous lui expliquâmes la nouvelle façon d’observer par les satellites de Jupiter, dont le sçavant M. Cassini a fait de si belles Tables. J’ajoutai que nous rendrions par là un grand service à leurs pilotes en leur donnant la longitude assurée du Cap de Bonne-Espérance, qu’ils ne connaissaient que par leur estime, moyen fort douteux qui les trompait souvent et d’une manière considérable. Il nous dit que nous lui ferions plaisir, et que puisque nous voulions travailler à cette découverte, il nous offrait un lieu fort propre pour observer. En même temps, il ordonna qu’on préparât un pavillon, qui était dans le jardin de la Compagnie, afin de nous y loger, tandis que M. l’ambassadeur seroit en rade. »
539De ce pavillon, les Jésuites observèrent le ciel austral pendant les nuits des 3, 4 et 5 juin 1685. Ils recueillirent des notions sur le pays en causant avec Simon van der Stel et surtout avec un nommé Claudius, jeune naturaliste silésien alors en séjour. En repassant au Cap du 13 au 26 mars 1686 à son retour du Siam, Tachard continua son enquête. Ainsi réunit-il les éléments d’une notice très nouvelle sur le Cap.
La longitude du Cap fut naturellement rectifiée. Les cartes en usage étaient défectueuses. « Elles marquent le Cap plus oriental de près trois degrés qu’il n’est en effet. » Elles le donnaient comme situé par le 21° longitude est Paris. Tachard le plaça à 18º longitude est Paris. (D’après l’Annuaire du Bureau des longitudes, il est situé par 16° 8’ 26" longitude est Paris.) Tachard enrichit son livre d’une carte du Cap de Bonne-Espérance, sur laquelle les principaux caractères géographiques sont figurés : rivières Eerste, Groot Berg, Olifant, Breede, Zondereinde, monts du Drakenstein, emplacement des tribus hottentotes. Il décrit sommairement l’aspect physique et les usages des Namaquas avec lesquels van der Stel était entré en contact pendant son voyage d’exploration au nord de la colonie en 1685. Le grand jardin créé par van Riebeeck et agrandi par ses successeurs fut l’objet de son admiration : « Nous fûmes fort surpris de trouver un des plus beaux jardins et des plus curieux que j’aye jamais vu dans un païs qui paraît le plus stérile et le plus affreux du monde... On y voit des allées à perte de vue, de citronniers, de grenadiers, d’orangers plantez en plein sol... Les quarrez sont semez de racines, de légumes et d’herbes et quelques-uns des fleurs les plus estimées en Europe et d’autres que nous ne connaissons pas qui sont d’une odeur et d’une beauté particulières. »
Tachard s’arrêta une troisième fois au Cap en retournant au Siam en 1687. Pendant l’escale de l’escadre, les PP. de Beze et Le Blanc ses compagnons ayant fait l’ascension de la Montagne de la Table, il en donna la description dans son Second Voyage au royaume de Siam. (Paris, 1689.)
540CAILLE
Mais sur tous les voyageurs français en Afrique australe, l’abbé de La Caille l’emporta sans conteste. Nicolas de la Caille naquit à Rumigny, en Thiérache, le 15 mars 1713, d’un père ancien officier, qui lui transmit son aptitude naturelle pour la mécanique. Pendant qu’il faisait Le fore des Hollandois au C Bonne Esperanec. sa théologie au Collège de Navarre, sa vocation pour les mathématiques se révéla. Jacques Cassini s’empressa d’introduire à l’Observatoire ce sujet plein de promesse.
« Emerveillés de l’habileté qu’il avait montrée en coopérant aux mesures qui avaient pour objet la description des côtes de France, dit Radau, les Cassini confièrent à La Caille en 1739 la vérification de la grande méridienne de France. Dans le courant d’une année, il avait terminé ses mesures entre Paris et Perpignan, l’année suivante il les acheva au nord de Paris. »
L’OBSERVATOIRE DU CAP (D’après le Père Tachard : Voyage de Siam) (1686).
541Pendant son absence il fut nommé professeur de mathématiques au Collège des Quatre nations. Disposant d’un petit observatoire dans le collège, La Caille y commença l’élaboration d’un catalogue des étoiles fixes. Mais il s’avisa bientôt de la nécessité de se transporter au delà de l’Equateur pour observer les étoiles visibles dans le ciel austral.
Le Cap de Bonne-Espérance lui paraissant le lieu le mieux approprié à son dessein, La Caille s’ouvrit de ses intentions à l’Académie des Sciences, où il avait été admis en 1741. Le ministre favorisa son voyage, et La Caille s’embarqua le ter novembre 1750 à Lorient sur le Glorieux, commandé par un officier qui lui aussi était un savant, D’Après de Mannevillette. Arrivé au Cap le 19 avril 1751, il fut lelendemain, avec le commandant D’Après, saluer le gouverneur Ryk Tulbagh.
« M. Tulbagh, écrit-il, me reçut avec beaucoup de politesse ; je fus accueilli de même très gracieusement par tous les principaux officiers de cette colonie. M. le gouverneur apprit que je me disposais à faire bâtir un logement exprès pour y placer mes instruments ; il donna aussitôt ses ordres pour que les ouvriers que la Compagnie de Hollande entretient à ses gages y travaillassent incessamment, suivant le plan que j’en donnerais, et que les matériaux fussent tirés des magasins de la Compagnie. »
La Caille eut en outre la bonne fortune de rencontrer un mécène en la personne d’un colon nommé Bestbier, riche propriétaire et capitaine dans la milice, qui le reçut chez lui et s’ingénia à le seconder dans ses travaux.
« M. de La Caille commença à observer les Etoiles australes le 6 août 1751, dit l’auteur anonyme du Discours historique sur sa vie. Il continua jusqu’au mois d’août de l’année suivante 1752. Dix-sept nuits pleines et cent dix séances à huit heures de nuit chacune lui dévoilèrent un spectacle charmant. Il reconnut et vit dans tout leur éclat de grandes étoiles que les astronomes d’Europe ne connaissaient que par leurs figures nébuleuses. Il en vit briller de nouvelles, parées de toutes les grâces de l’éclat le plus intéressant. Placées aux deux côtés du Zénith, ces Étoiles imposaient par leur situation une tâche pénible à ceux qui désiraient les observer. Il fallait être debout, la tête renversée, sans quitter le tuyau de la lunette pour les considérer. »
La Caille trouva place pour quatorze nouvelles constellations, mais au lieu de leur appliquer des noms empruntés à la mythologie, « il jugea à propos de les consacrer aux Arts ». Sur le planisphère du ciel austral qu’il a dressé, on lit donc des noms tels que « l’Atelier du sculpteur », « le Fourneau chimique », « l’Horloge à pendule », etc.
542La seconde œuvre mémorable de La Caille au Cap fut la mesure d’un arc du méridien. En septembre 1751, son hôte Betsbier l’avait mené à une habitation qu’il possédait à douze lieues au nord du Cap dans le Grone Kloof.
« Dans cette excursion, dit Radau, il avait remarqué deux montagnes qui semblaient avoir été disposées par la nature exprès pour servir de chevilles ouvrières à une opération de géodésie : L’une, le Capoc Berg, haute d’environ 460 mètres est à 55 kilomètres au nord de la ville du Cap ; l’autre qui porte le nom de Riebeeck’s Casteel est située à 40 kilomètres à l’est de la première ; elle s’élève à 946 mètres audessus du niveau de la mer. La ligne qui joint le Capoc berg au Riebeeck’s Casteel pouvait servir de côté commun à deux grands triangles, dont l’un aboutirait au sud à l’observatoire de La Caille, l’autre au nord à un point éloigné de 8o kilomètres où se trouvait la ferme de Klip Fontein (adossée au Piquet berg). Si on parvenait à déterminer exactement la longueur de cette ligne d’environ 40 kilomètres, il était facile d’en déduire les distances des deux montagnes à l’Observatoire et à Klip Fontein, et par suite la distance de Klip Fontein à l’Observatoire. On obtenait ainsi la mesure d’un arc de méridien qui embrassait 1° 13’ (à peu près 135 kilomètres). »
Ce fut en septembre et octobre 1752, que La Caille accomplit l’opération. « Nous sommes partis de Grone Kloof pour le Piquet berg, écrit-il ; nous avions deux chariots, l’un attelé de six chevaux pour nous porter, nos provisions et notre lit, et l’autre attelé de dix bœufs pour porter les instrumens : nous avions huit esclaves, tant pour conduire les chariots, que pour porter le quart de cercle sur la montagne. »
Cette excursion fut matériellement fort dure. La Caille bivouaqua neuf jours et neuf nuits sur le sommet du Riebeeck’s Casteel, exposé parfois à la pluie et au froid. Il dressa une carte de la colonie du Cap qui l’emporte notablement sur celle de Tachard. Son fournal et ses Remarques sur les mœurs des habitants du Cap de Bonne- Espérance et sur celles des Hottentots furent publiées après sa mort. La Caille s’y montre sévère pour les colons. Il les juge paresseux, peu entreprenants, et sans ingéniosité pour tirer avantage du fertile terroir que la nature leur a départi.
Il revint à Lorient le 4 juin 1754. Son voyage avait duré trois ans et huit mois. Le retour de ce grand savant en France passa inaperçu. Même les registres manuscrits de l’Académie des Sciences le mentionnent discrètement : « Mercredi 12º juin 1754. — M. Duhamel a appris à l’Académie que M. l’abbé de La Caille était arrivé en France en bonne santé. Mercredi 10º juillet 1754. — M. l’abbé de La Caille a commencé le rapport de quelques-unes des observations qu’il a faites au Cap de Bonne-Espérance. »
543 FRANÇOIS LE VAILLANTTelle fut l’œuvre dans l’Afrique du Sud de celui que Delambre devait appeler plus tard « le calculateur le plus courageux, l’observateur le plus zélé, le plus actif, le plus assidu, qui ait jamais existé ». , qui parcourut la colonie du Cap de VAILLANT 1781 à 1785, était un amateur d’histoire naturelle. Né en 1753 dans la Guyane hollandaise, d’un père originaire de Metz, qui y exerçait les fonctions de consul, il avait hérité de son goût des voyages et de la chasse. Revenu en France, il se lassa bientôt des animaux empaillés exposés dans les cabinets d’histoire naturelle. Il voulait les voir vivants et s’ébattant en plein air. Sachant bien le hollandais, ayant des relations aux Pays-Bas, il supposa que la faune du Cap de Bonne-Espérance encore si imparfaitement connue lui offrirait les spectacles qu’il recherchait. Il partit de Hollande le I9 décembre 1780 sur le Held Woltemaade et après diverses aventures de mer arriva au Cap, où il eut la chance de conquérir la protection d’un haut fonctionnaire de la Compagnie, le fiscal Boers. Le 18 décembre 1781, il commença son voyage d’exploration et d’études d’histoire naturelle. Dans son chariot il visita les contrées situées à l’est de la colonie jusqu’à la Visch rivier, et celles situées au nord jusqu’au delà du fleuve Orange. Il entra en rapport non seulement avec les grands et les petits Namaquois, mais avec des « hordes » comme il dit, c’est-à-dire avec des tribus indigènes inconnues : Koraquois, Kabobiquois, Houzouanas. Il réunit de belles collections de spécimens d’histoire naturelle. Sur les bords de l’Orange, il tua une girafe mâle, et réussit — alors insigne rareté — à en rapporter la peau en Europe. Il publia le résultat de ses observations dans deux ouvrages : Voyage dans l’intérieur de T Afrique par le Cap de Bonne-Espérance dans les années 1780, 1781, 1782, 1783, 1784 et 1785, 2 vol., Paris, 1790, puis Second voyage dans l’intérieur de l’Afrique pendant les années 1783, 1784 et 1785, 3 vol. Paris, an XI-1803. Le Vaillant s’y étend longuement sur les épisodes de son voyage ; il y note ses remarques sur la vie des colons et sur celle des Hottentots. Mais son récit
est confus, son style dépourvu de simplicité. Toutefois, comme il eut le privilège de décrire un pays sur lequel, à la fin du dix-huitième siècle, on ne possédait en France que peu de notions, ses livres obtinrent un certain succès. Une excellente édition de ses voyages, tout récemment publiée par M. Jacques Boulenger, a ramené la curiosité sur les aventures de François Le Vaillant. (Paris, Plon, 1932.) Quinze ans après sa mort, survenue en 1824, Le Vaillant eut un imitateur : Adulphe Delegorgue. Né le 13 novembre 1814 à Courcelles-lez-Lens (Pas-de-Calais), il fut élevé par son grand-père le conseiller à la cour de Douai, Pierre Delegorgue, qui possédant un cabinet d’histoire naturelle, éveilla son goût pour l’exotisme. En 1830, Adulphe s’engagea comme marin, et navigua des mers du Nord à la côte occidentale d’Afrique. Un jour les Voyages de Le Vaillant lui tombent sous les yeux ; l’ambition d’explorer l’Afrique australe s’empare de lui ; il réalise son patrimoine et part.
En mai 1839 il débarque au Natal. Il y resta cinq ans. Or, pendant la période 1839-1844 survinrent au Natal des événements politiques qui décidèrent de son avenir. Trois forces s’en disputèrent la possession ; une puissance indigène supérieurement organisée pour la guerre : les Zoulous ; des groupes de Boers, qui sous la conduite de Pieter Retief partirent des plateaux de l’Orange, franchirent les monts Drakensberg et descendirent au Natal dans le dessein d’y fonder une république indépendante ; des aventuriers anglais : James Saunders King, Francis George Farewell, Nathaniel Isaacs, James Collis, qui y trafiquaient depuis dix ans et étaient soutenus par le gouverneur du Cap.
Après avoir massacré Pieter Retief le 6 février 1838, le chef zoulou Dingan aurait vraisemblablement anéanti les Boers, si son frère Panda ne s’était allié avec eux contre lui. Une armée composée de Boers et des partisans de Panda marche contre Dingan, le bat et le chasse. Delegorgue fit partie du commando boer, et ensuite il explora à son gré le Natal et l’arrière-pays inconnu de la baie de Sainte-Lucie.
Mais le gouverneur du Cap, sir George Napier, était résolu à empêcher par la force la fondation d’une république boer au Natal. Il y envoya une troupe assez puissante pour contraindre les Boers à se soumettre au gouvernement anglais. Evénement gros de conséquences, puisque leur éloignement de la mer, leur impossibilité de communiquer directement avec l’Europe, devait soixante ans plus tard, en 1899-1902, être l’une des causes de la défaite des républiques boers.
Delegorgue a été le témoin des événements que nous avons sommairement relatés ; il s’en est fait l’historien. S’engageant ensuite dans l’intérieur du continent, MARINS, VOYAGEURS, MISSIONNAIRES FRANÇAIS DANS L’AFRIQUE AUSTRALE Delegorgue explora les plateaux qui s’étendent du Drakensberg au Limpopo, territoire de la future République sud-africaine (Transvaal) et du futur Etat libre d’Orange.
545Rentré en France en novembre 1844, Delegorgue publia en 1847 son grand ouvrage : Voyage dans l’Afrique australe, notamment dans le territoire du Natal, dans celui des Cafres Amazoulous et Makatisses et jusqu’au tropique du Capricorne exécuté pendant les années 1838, 1839, 1840, 184I, 1842, 1843 et 1844.
La description des Zoulous révéla l’existence en Afrique d’organisations politiques, sociales et militaires, dont on n’avait pas idée.
Adulphe Delegorgue, qui était reparti pour un nouveau voyage, succomba le 30 mai 1850 en face du Petit Cap Lahou (côte occidentale d’Afrique). Grâce à lui, la France a été représentée dans l’œuvre de découverte du sud-est africain.
L’action française dans l’Afrique du Sud se manifesta encore sous une autre forme. Des missionnaires protestants français fondèrent et occupèrent des postes dans le Basoutoland, large massif montagneux qui confine à la colonie du Cap, à l’Orange et au Natal, et dont l’altitude ne s’abaisse pas au-dessous de I 800 mètres. Or sur ce substratum montagneux, un certain Mochech, chef de la petite tribu des Basoutos, constitua pendant le deuxième quart du dix-neuvième siècle une puissance avec laquelle les Anglais du Cap et les Boers de l’Etat libre d’Orange eurent à compter.
Pendant la période 1810-1840 le monde indigène de l’Afrique australe fut profondément troublé par les entreprises de tribus conquérantes, Mantatis, Zoulous, Matabélés. Pour se soustraire aux attaques des Mantatis, Mochech s’établit sur la montagne de Thaba Bosigo, sur la rive gauche du Caledon. Dominant de haut la plaine environnante, abrupte de toutes parts, alimentée en eau par les sources affleurant à son sommet, Thaba Bosigo est une forteresse naturelle. Mochech dut sa fortune à sa possession. Jamais bande indigène n’a réussi à la prendre d’assaut. En 1831, les Matabélés, si braves qu’ils fussent, reculèrent sous la grêle de pierres et de javelots lancés par les Basoutos. En 1852, sir George Cathcart, en guerre avec Mochech, prit avec empressement un détour diplomatique pour éviter d’avoir à l’attaquer.
Mochech grandit en renommée. L’insécurité et la misère étaient générales. Des
HISTOIRE DES COLONIES. 1. VI.
546tribus, les Lihoyas, les Bataungs, les Bajoutis s’agrégèrent à lui, des individus isolés vinrent se mettre sous sa protection. Mochech devint un chef puissant. Ayant entendu dire que des missionnaires résidaient auprès de certains chefs cafres, il eut le désir d’en voir se fixer pareillement auprès de lui. Instruit de ce vœu, un certain John Philip, un Ecossais, qui depuis 1822 exerçait avec le titre de « superintendant » la direction de toutes les missions que la London Missionary Society entretenait au Cap, désigna les païens Basoutos au zèle de trois membres de la Société des missions évangéliques de Paris chez les peuples non chrétiens : Thomas Arbousset, Eugène Casalis et Constant Gosselin. Bien accueillis par Mochech ils fondèrent une station à Morija, puis une seconde au pied de la montagne de Thaba Bosigo. Ces premières églises essaimèrent chez les peuplades agrégées aux Basoutos, à Motito, Mekuatling, Béthulie, Beerseba, notamment. Les missionnaires firent un certain nombre de conversions, mais ils ne réussirent pas à convertir Mochech, qui se plaisait à les écouter, à discuter avec eux, mais était décidé à ne rien céder sur l’article de la polygamie. Comme il ne manquait pas d’esprit, il posait aux missionnaires des questions captieuses. « Si je renvoie toutes mes femmes excepté
CAMPEMENT DE BLOOD-RIVIER (Hofstede. Geschiedenis van den Oranje Vrystaat).
MARINS, VOYAGEURS, MISSIONNAIRES FRANÇAIS DANS L’AFRIQUE AUSTRALE une, me baptiserez-vous ? Mais dans ce cas, laquelle garderai-je, et qui me préparera ma nourriture et celle des étrangers qui viennent me voir ? »
Les objets matériels apportés par les missionnaires eurent du succès. Mochech apprit promptement l’usage des ustensiles de ménage et l’éclairage à la chandelle lui parut une merveille. Mais ce fut surtout sous le rapport politique que la présence des missionnaires français dans le Basoutoland fut importante. Ils jouèrent auprès de Mochech le rôle de conseillers officieux. Le gouverneur du Cap, sir George Cathcart, définissait en ces termes dans une lettre adressée le 14 novembre 1852 au secrétaire d’Etat des colonies le caractère de leur action :
L DES MISSIONNAIRES« Les missionnaires français reconnurent bientôt que cette nouvelle puissance (les Basoutos) avait de la force ainsi qu’une probabilité relative de durée et que le chef était un homme supérieur : en conséquence, ils se fixèrent au pied de la montagne, dont Mochech avait fait sa citadelle. Grâce à cette même pénétration qui lui avait valu ses succès, il vit l’avantage des conseils de ces hommes pieux et éclairés, qui manifestement dépendaient de lui et qui avaient intérêt à le soutenir et à lui faire maintenir sa position. Il semble donc les avoir consultés en toute occasion, dans ses rapports avec la Grande-Bretagne qui en ce temps-là commençait à étendre son influence et à intervenir au delà de l’Orange. M. Arbousset soutient bien que les instructions de la Société des Missions évangéliques défendent à leur communauté de se mêler de politique, et, à vrai dire, c’est à peine si j’ai pu trouver trace de mauvais vouloir de leur part, ou mieux d’intervention, d’ailleurs assez excusable par de pressants motifs d’intérêt et de garantie personnelle dus à leur position difficile. Mais les circonstances en ont fait des conseillers très fins, et je suis sûr qu’en plus d’une occasion ils ont acquis sur leur aventurier heureux une influence et un pouvoir contre lesquels la faible autorité du résident anglais dans l’Orange River Sovereignty était incapable de lutter. » tivité des missionnaires. Quel est celui d’entre eux ’ŒUVRE GEOGRAPHIQUI Un autre champ de travail s’ouvrit encore à l’acqui ne se double pas d’un explorateur ?
« La sainteté du but qu’il poursuit, écrit Arbousset, ne lui interdit point de s’occuper d’objets qui n’ont qu’un rapport indirect avec sa mission et si sur sa route il trouve à entreprendre quelque recherche dans le domaine de l’histoire naturelle et de la géographie il n’a nul intérêt à décliner un travail qui devient pour lui un devoir. »
MOCHECH, CHEF BASOUTOEn lisant une carte de l’Afrique du Sud publiée en 1834 dans le Bulletin de la Société de géographie, on est frappé de la pauvreté des connaissances géographiques au nord du fleuve Orange. Arbousset et Daumas parcoururent de mars à mai 1836 les plateaux qui s’étendent jusqu’au Vaal et qui devinrent dix-huit ans plus tard le territoire de l’Etat libre d’Orange. Ils explorèrent les monts Meluti, qu’ils appelèrent les Montagnes bleues et, les premiers, firent l’ascension d’un sommet qu’ils nommèrent le « Mont aux Sources », parce que de ses pentes descendent à l’Ouest lOrange et le Caledon, au Nord le Wilge, affluent du Vaal et à l’Est la Tugela, le fleuve du Natal. Se détachant au milieu d’une toponymie indigène, hollandaise et anglaise, ce nom de « Mont aux Sources » retient l’attention. Il rappelle que le mérite de la découverte de cette région revient à des explorateurs français. Thomas Arbousset groupa ses observations dans un ouvrage qu’il publia en 1842 : Relation d’un voyage d’exploration au Nord-Est de la colonie du Cap de Bonne-Espérance entrepris dans les mois de mars, avril et mai 1836. Son collègue Eugène Casalis avait donné l’année précédente des Etudes sur la langue Sechuana (Paris, 184r), langue qui est commune à toute la race Bechuana, à laquelle les Basoutos appartiennent. L’ou- (D’après Casalis : les Basoutos). vrage de Casalis, contribution très neuve au folklore africain, contient une grammaire, des poésies, des proverbes et des contes. Plus tard, en 1859, il publia un ouvrage d’ensemble sur le peuple, au milieu duquel une partie de sa vie s’était écoulée : Les Basoutos ou vingt-trois années de séjour et d’observations au sud de l’Afrique.
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D’autres ouvrages des membres de la Société des Missions évangéliques ont étendu nos connaissances sur la géographie et l’ethnographie de l’Afrique du Sud ; citons notamment Vingt-six ans au sud de l’Afrique par Frédéric Christol, les Hauts Plateaux du Lessouto, par V. Ellenberger, la Médecine et les médecins au Lessouto, par M. H. Dieterlen.
549MARINS, VOYAGEURS, MISSIONNAIRES FRANÇAIS DANS L’AFRIQUE AUSTRALE
Bien que la France n’ait jamais régné souverainement dans l’Afrique du Sud, et bien qu’elle n’y ait possédé aucune parcelle de territoire, elle y a pourtant, au cours des trois derniers siècles, exercé son action et laissé son empreinte.
Par l’immigration et l’établissement des réfugiés protestants français, elle a contribué dans une certaine mesure à son peuplement : aujourd’hui encore du sang français coule dans les veines des colons sud-africains. Dans l’Afrique du Sud et en France il y a des familles qui portent le même nom.
L’indépendance politique du Cap de Bonne-Espérance fut dans une circonstance périlleuse sauvegardée par l’intervention opportune du gouvernement de Louis XVI. Le grand nom de Suffren est resté attaché à cet acte de défense. Un ingénieur-architecte français, Louis Thibault, fortuitement installé au Cap, y a construit des bâtiments dans le style néo-classique à la mode en France à la fin du dix-huitième siècle et a contribué par son talent à l’embellissement artistique du pays. Les connaissances sur la géographie, l’ethnographie et l’histoire naturelle de l’Afrique du Sud ont été accrues par les travaux des voyageurs français. Des missionnaires y ont participé en même temps qu’ils y répandaient l’Evangile.
Au cours des âges, nous avons donc accompli dans cette région du globe une œuvre, un peu décousue sans doute, mais multiple et variée, qui mérite une place dans une histoire de l’Expansion de la France dans le monde.
Citer ce chapitre
Henri Dehérain, « Dans l'Afrique australe i. — L'escale du Cap et la marine française. II. - Savants et voyageurs français en Afrique australe. — Le p. Tachard. — L'abbé de la Caille. — François le vaillant. — Adulphe Delegorgue. III. - Les missionnaires protestants français dans le Basoutoland. - L'œuvre géographique des missionnaires. Conclusion », dans Gabriel Hanotaux et Alfred Martineau (dir.), Histoire des colonies françaises et de l'expansion de la France dans le monde, t. VI, Madagascar — Les Comores — Les Mascareignes — Le Pacifique — L'Afrique du Sud, Paris, Société de l'histoire nationale — Plon, 1933, p. 533-550.
Édition numérique : https://colonies-francaises.pages.dev/tome-6/afrique-du-sud/dans-l-afrique-australe-i-l-escale-du-cap-et-la-marine/ · Fac-similé : gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k11002767