Tome VI · Le Pacifique français · Chapitre 2
Établissements français de l'Océanie
La race et lhistoire maories. — Les premières influences religieuses européennes. — L’affaire Pritchard. — Pomaré V transmet ses pouvoirs à la France. — Les contestations au sujet des îles de la Société et des Iles sous le Vent. — L’annexion des Tuamotus, des Gambiers et des îles Tubuai. — Les Marquises. VANT de résumer les multiples péripéties de la prise de possession par la France des archipels qui composent les Etablissements français de l’Océanie, il eût été intéressant d’évoquer brièvement l’histoire de la race maorie qui les peuple. Malheureusement aucun souvenir écrit n’en subsiste dans les îles françaises ; quant aux traditions : chansons guerrières, généalogies psalmodiées, récits des vieillards, elles se perdent ou se transforment avec une effrayante rapidité. Au surplus, chez cette race éprise du merveilleux et terrifiée par la puissance maléfique des Tupapaus ou revenants, les morts royaux devenaient vite des dieux aux fabuleux exploits, et il ne fallait que quelques générations pour que les dynasties se confondissent avec la théogonie locale.
HISTOIRE DES COLONIES. T. VI
450 CHEF MAORI (NOUVELLE-ZÉLANDE)C’est dire l’ombre qui dès maintenant, après moins d’un siècle de domination, s’étend sur le passé d’une race, — ombre qui sera de jour en jour plus difficile à dissiper, malgré l’aide que l’ethnologie essaie d’apporter à l’histoire. Aujourd’hui, les coutumes des Maoris ont été étudiées à maintes reprises ; des officiers, des missionnaires, des colons ont rassemblé des observations, recueilli des chants, des récits historiques, noté des cérémoniaires. Et, cependant, il ne semble pas possible de faire remonter les données précises obtenues au delà du milieu du dix-huitième siècle. Encore s’agit-il de la seule île de Tahiti, qui dès ce moment exerça une sorte de suprématie sur les archipels, à l’exception des Marquises. Disons même qu’entre les récits historiques concernant les ancêtres des Pomaré, tels que nous les transmettent leurs derniers descendants, et les notes rassemblées sur place, au lendemain de l’arrivée des premiers Français (1830-1840) par les L. de Freycinet, les Vincendon-Dumoulin et les Mærenhout, existent de troublantes contradictions de détail. Il faut pourtant essayer de discerner, au milieu de ces sources diverses, les linéaments les plus certains de l’histoire maorie, avant l’occupation française.
La première question que l’on est amené à se poser est celle de l’origine lointaine de la race. Mais les discussions entre ethnographes sont parallèles à celles qui divisent les géographes, quant au passé des archipels : îles volcaniques ou débris de continent immergé à la fin des temps secondaires — race malaise plus ou moins mélangée venue de l’ouest, ou survivants d’un grand peuple aux échanges continus avec l’Amérique.
De toutes façons, ce que l’on sait, c’est qu’après les migrations originelles, sur lesquelles l’ombre persiste, les Maoris, et les Océaniens en général, grands navigateurs, ont effectué de multiples déplacements d’île en île, brassant et mélangeant ainsi tous les courants primitifs, pour donner naissance enfin à la race qui peuple aujourd’hui notre archipel océanien — race belle, noble, indolente et souriante,
451mais visiblement composite et vivant selon un ensemble de coutumes auxquelles on peut attribuer différentes origines. Pourtant, de cette vie errante sur les flots, à l’aube de leur histoire, les Maoris ont conservé le souvenir d’une fabuleuse patrie perdue, appelée « Hawaiki... Sawaïki », que, suivant de nombreuses traditions, leurs morts doivent aller retrouver.
Les Tahitiens sont issus de leurs grands dieux primordiaux : Oro, Taaroa et Tane, leurs chansons l’affirment, et leurs Arii-Rahi, ou grands chefs des principautés en quoi l’archipel était divisé, en étaient les proches et directs descendants. Du récit légendaire de leurs premières rivalités, la critique historique ne peut rien retenir — si ce n’est les liens d’alliance et de famille existant déjà, en ces temps reculés, entre toutes les îles de l’archipel et spécialement du groupe de la Société. Il semble bien que le berceau de la royauté soit l’ile de Raiatéa, qui possédait aussi le plus ancien autel sacré, ou maraë, celui d’Opoa, fondé par Hiro, premier roi et demi-dieu, descendant de Raa « dont le nom s’écrit comme celui du soleil ».
Quoiqu’il en soit de ces notions éparses, il faut attendre le dix-huitième siècle pour qu’apparaisse une généalogie un peu plus certaine : celle des Pomaré, sous les derniers desquels l’ile devait deve- LE DERNIER POMARÉ nir française. Moerenhout estime que Tahiti fut constituée en royaume vers 1660, par un roi demeuré célèbre dans les chants sous le nom de « Tavi eau roo ». Il fut le trisaïeul d’Amo, qui régnait quand Wallis découvrit l’ile, et dont la femme Puréa, qui traverse les récits de Cook et de Bougainville, apparaît dans l’histoire comme une figure vraiment souveraine — de beaucoup la plus haute parmi celles qui défileront sur le trône des îles océaniennes avant que, sans éclat et sans bruit, en juin 1880, le dernier Pomaré en descende, pour remettre entre les mains de la France ce royaume, dont son aïeule écrivait déjà tristement, quarante ans plus tôt, qu’elle n’était plus « capable de le gouverner de manière à vivre en bonne intelligence avec les gouvernements étrangers ». L’enfant d’Amo et de Puréa ne devait pas connaître le pouvoir royal. Une longue lutte entre Puréa, son fils et ses deux beaux-frères amena, après des alternatives de succès et de défaites, l’accession au pouvoir de la branche collatérale, en la personne de Tu, neveu d’Amo, qui, sous le nom de Pomaré, devint chef de dynastie. Ce fut lui qui vit se multiplier
452 L ES PREMIÈRES INFLUENCES RELI GIEUSES EUROPÉENNESles visites de bâtiments anglais (Bounty de Bligh, Pandora, Discovery de Vancouver, Dedalus, etc...), jusqu’au jour où les premiers Européens mirent pied dans l’ile avec l’intention d’un établissement. Sa dynastie naissante, souvent protégée par les fusils anglais, née à l’aube d’un temps nouveau, devait s’évanouir avec l’évolution dont il portait les germes. plexe histoire contemporaine de Tahiti, bien Pour débrouiller les phases de la comdes points de repère ont été proposés. Quelques grandes dates ont semblé marquer les bornes après lesquelles la destinée s’orientait soudain d’un côté ou de l’autre. Le plus simple sans doute est de diviser en deux phases la rivalité francoanglaise née, sur ces océans lointains, pour la possession d’un bouquet d’iles minuscules, que les cartes générales les plus grandes n’évoquent que comme des points. Dans chacune de ces périodes historiques, les Anglais gagnent la première manche et les Français la seconde — mais le dernier succès devait-il être définitif ? Nous verrons plus loin, combien la diplomatie anglaise s’appliqua à ne laisser entre nos mains qu’une victoire précaire et coûteuse.
A Tahiti, plus que dans n’importe quel archipel, les rivalités religieuses furent à la base des interventions franco-anglaises ; il est permis de les juger sévèrement comme le firent la plupart des historiens de l’Océanie française, mais les faits sont là. Le 4 mars 1797, jour où le navire le Duff, de la London Missionnary Society (fondée en 1795 sous l’impulsion du docteur Haweis) jeta l’ancre dans la baie de Matawaï et débarqua dix-huit catéchistes anglais, dont seulement quatre pasteurs, le conflit était en puissance.
Peut-être n’a-t-on pas assez mis en relief le côté politique de l’œuvre de ces défricheurs d’âmes. Une première fois sans doute ils refusent de se mêler aux guerres locales, même pour soutenir le grand chef Mani-Mani qui les avait bien accueillis à leur arrivée dans l’ile, mais l’Angleterre savait leur existence et leurs efforts et, dès 1801, un bateau, le Porpoise, apporte à Pomaré des cadeaux du gouverneur des Nouvelles-Galles du Sud, qui avait besoin du commerce tahitien pour se ravitailler. Déjà l’Australie, fervente championne de la domination anglaise en Océanie, entrevoyait-elle l’hégémonie britannique du Pacifique ? Après que les missionnaires eussent définitivement assis leur influence matérielle sur l’île en soutenant le fondateur de la dynastie des Pomaré contre ses ennemis, les Arii-rahi de l’archipel qui devinaient son tempérament de rassembleur de terres et défendaient leurs derniers espoirs d’indépendance, Pomaré II (succédant à son père en 1803) temporairement vaincu et réfugié à Mooréa, retrouva les conseils et l’appui des missionnaires anglais. Et ces derniers poussaient parfois jusqu’à Port-Jackson (Australie) où les excitations patriotiques ne devaient pas leur manquer. Peut-être furent-elles sur le point d’aboutir, si l’on en croit les récits du capitaine Turnbull, suivant lesquels Pomaré II, au cours des guerres civiles qui désolèrent l’ile durant plus de vingt années, aurait demandé l’appui officiel de l’Angleterre.
453Il faut noter aussi, au cours de cette période troublée, les fréquentes visites de bâtiments anglais — souvent mal reçus par la population, du reste — et l’amorce, dès 1818, de relations commerciales suivies avec les Nouvelles Galles du Sud. Dans le même temps, l’emprise morale des missionnaires anglais, fortifiée par la solennelle conversion au protestantisme de Pomaré II (1812), leur permettait la promulgation sous forme de lois de tous les principes qu’ils s’efforçaient d’inculquer aux populations maories. Un code (1818) en sortit, qui prétendit dompter la naive liberté des mœurs locales ; des amendes dont les pauvres s’acquittaient en corvées punissaient les contrevenants, et un voyageur contemporain remarque plaisamment que Tahiti dut presque toutes ses routes à la répression des délits amoureux.
Pourtant, l’Europe s’agite autour des Iles, les habitants essayent de timides représailles contre les bateaux qui drainent les nacres et les perles de leurs lagons. Alors un navire anglais de punition apparaît, obtient une satisfaction hâtive... Peut-être ces faibles sentent-ils déjà la disproportion de la lutte, car il est certain cette fois qu’en 1825 un missionnaire, M. Nott, au cours d’un voyage en Angleterre, emporte une demande de protectorat anglais formulée par le roi de Tahiti, demande que le ministre Canning ne jugea pas à propos d’accueillir. L’influence anglaise n’en demeure pas moins puissante ; un homme est là, maintenant, destiné à jouer un rôle de premier plan dans les luttes qui se préparent : Pritchard, édudiant du séminaire de Gosport, arrivé à Tahiti en 1824 et qui, très vite, prend une place trône en 1827. prépondérante dans le conseil de la reine Aimata, ou Pomaré IV, montée sur le
İLE RAIATÉA. ILES SOUS LE VENT (Dessin de Toly : Monde illustre) (1888).
454 L’APPATRE PRIT- CHARDLes excès d’une secte religieuse locale : les Mamaïa, et aussi les guerres civiles assoient l’autorité de celui qui, dès lors, rêve d’une Tahiti anglaise plus encore sans doute que d’une Tahiti chrétienne. Et toujours, de temps à autre, en mer, à l’horizon, les couleurs anglaises. Un officier anglais : Lawes, commandant le Satellite donne à la reine un nouveau pavillon, qui est de deux bandes rouges horizontales encadrant une bande blanche (1829). Cette question du pavillon est très curieuse ; mal éclaircie encore, elle n’a pas retenu suffisamment l’attention des historiens. Dans son rapport du 15 mai 1823, Duperrey indiquait que le pavillon anglais de Wallis avait flotté jusque-là sur l’île qui venait de « se déclarer indépendante ». En 1835, le captain Fitz-Roy se présente à une assemblée des chefs, pour protester contre des pillages de navires sur des bancs de nacre. Nous sommes d’ailleurs à la veille de l’entrée en scène de la France, et l’histoire, éclairée par des actes et des faits précis, devient mieux connue, au moins dans ses grandes lignes apparentes. En 1835 déjà, un catéchiste irlandais, allant aux Hawaïs, Colomban Murphy, avait reçu mauvais accueil à Tahiti. L’effervescence, derrière laquelle se devinait l’influence de Pritchard, fut encore plus grande, lorsque, le 29 novembre 1836, débarquèrent dans l’ile deux missionnaires catholiques français, les P P. Caret et Laval, qui venaient des Gambiers, et ne cachaient pas leur intention de s’installer dans Tahiti et d’y prêcher leur foi. Ils furent réembarqués de vive force, tandis que les indigènes remarquaient entre eux qu’il n’y avait pas à se gêner « puisqu’on a bien chassé les prêtres français des Sandwich et qu’il n’en est rien résulté ». Il en résulta pourtant, cette fois-ci, que le 29 août 1838, un bâtiment français apparut. C’était la Vénus de Dupetit-Thouars, qui obtint de la reine des excuses et des réparations avec l’assurance que nos nationaux jouiraient dès lors du traitement de la nation la plus favorisée.
Pourtant, Pritchard, élevé récemment à la dignité de consul d’Angleterre à Tahiti, comme si, en secret, son gouvernement approuvait son action antifrançaise, entame une guerre sourde d’influence que la visite de l’Artémise, venue exiger le libre exercice de la religion catholique dans tout le royaume de Pomaré, excite encore. Pendant ce temps, l’Australie, échauffée par les faux rapports de Pritchard, fulmine, devant l’apparent succès remporté par nos marins, à la pensée que son marché tahitien pourrait devenir français.
455Un certain Dunmore Lang osait écrire : « Je considérerai la formation d’une colonie française dans les mers du Sud comme une véritable calamité pour l’hémisphère austral, à cause des obstacles sérieux qu’elle apporterait au progrès et à l’amélioration de la race humaine. » C’est sans doute pour mieux travailler à l’amélioration de cette race que le même auteur, approuvé par une partie de la presse coloniale australienne, conseillait, un peu plus loin, de déblayer les noirs Australiens à l’aide de pain trempé dans 7:30 Papeete Pointe Pare Dat 149930 W. de 6r : Aroué inte de Venus Harer Echelle 20 Km 17:30 une solution d’arsenic ?
Ces excitations devaient TAHITI-NOUL porter leurs fruits. Pritchard, (GRANDE TAHITI) inquiet de nos récents succès, se précipitait en Angleterre Mahouta Taravao ethie de Taravag pour hâter les événements et les grands chefs tahitiens, calmés par l’éloignement de celui qu’ils avaient baptisé E Térouroue Chante Piritati demandaient le pro- 0 ECPETITE TARETE ? TAIARA POU tectorat français (septembre 1841). Aussitôt, quelques résidents anglais poussèrent la reine à les désavouer, obtenant, avec l’appui d’un bâtiment anglais apparu comme par hasard, qu’elle opposât un refus aux tentatives de rapprochement avec la France.
Heures d’anarchie — il fallait agir... L’amiral Dupetit-Thouars le comprit. Il arrivait des îles Marquises qu’il venait de donner à la France (mai-juin 1842), et à Tahiti il constate que nos nationaux sont sans cesse molestés (8 septembre) ; un ultimatum énergique à la reine la rappelle au respect des traités antérieurs. Nuit de veille agitée : réunion des chefs ; réunion du grand Conseil de la reine — Pritchard est loin ; au matin du 9 septembre, la reine et les chefs rédigeaient la demande officielle de protectorat, que l’amiral accordait aussitôt, sous réserve d’une approbation de son gouvernement, qui fut donnée le 28 mars 1843.
La première manche était gagnée par la France..
456Mais, comme dans un drame classique, le sombre personnage ne se décourage qu’au dernier acte : voici que s’annonce la Vindictive, capitaine Toup Nicholas, une des plus troubles figures de cette phase du combat. Elle ramène Pritchard, qui, passé par les Nouvelles-Galles du Sud pour y prendre des marchandises, a appris la proclamation du protectorat français. Il pousse Pomaré IV à expédier à la reine Victoria une gémissante épître, qui demande protection, et « l’envoi d’un grand vaisseau de guerre, pour l’aider ». Pendant ce temps, le commandant français Vrignaud, de la Boussole, entame la lutte avec Toup Nicholas « monté par la reine et Pritchard, pour renverser tout ce qui a été fait ». En vain le capitaine anglais refuse-t-il de reconnaître le protectorat français, excite-t-il les résidents anglais, le lieutenant de vaisseau Reine, institué par l’amiral Dupetit-
DÉBARQUEMENT DES FRANÇAIS A TAHITI (D’après un dessin de Édouard Detaille).
Thouars gardien de cette proie rétive, déjoue toutes les attaques. Au rappel de Nicholas (29 juillet 1843) par l’amiral anglais Thomas, la lutte continue avec son successeur Tucker ; enfin, en octobre, arrive l’approbation officielle des actes de nos marins et la nomination du capitaine de vaisseau Bruat comme gouverneur des Etablissements français de l’Océanie et commissaire du roi auprès de la reine des îles de la Société. Au cours des mois précédents, des lettres de lord Aberdeen à son représentant en France acceptaient les faits accomplis, tandis que peu après le même homme d’Etat dispensait au « Consul Pritchard » des conseils de modération.
Ce n’était que bonasse avant la tempête. Violations continuelles du traité, refus d’arborer le pavillon du protectorat, la mauvaise volonté de la reine devenait si patente que Dupetit-Thouars fut acculé à l’action.
Le 6 novembre 1843, une compagnie de débarquement sous ses ordres prend possession de Tahiti et proclame la déchéance de la reine. Protestation auprès de Louis-Philippe, appel au secours de l’Angleterre. Cette réaction de la souveraine déchue était normale ; ce qui le fut moins, ce fut l’insurrection indigène, fomentée par Pritchard, qu’excédé par tant de mauvaise foi le commandant d’Aubigny fit cueillir par ses marins et embarquer sur un bateau anglais en rade...
Il n’en fallait pas plus pour déclancher le drame : cette affaire Pritchard qui passionna Popinion publique et dans laquelle Louis-Philippe donna à l’Angleterre des apaisements vraiment excessifs. Déjà en février 1844, il avait cru devoir désavouer publiquement l’initiative de nos marins et annoncer le retour au protectorat, il accepta par la suite l’octroi d’une indemnité à ce Pritchard auteur de tout le mal, et que l’Angleterre, mal renseignée, avait accueilli en martyr.
POMARE V TRANSMET SES POUVOIRS A LA FRANCEMais, alors que l’agitation s’apaisait en France et en Angleterre, l’insurrection grondait à Tahiti. Une guerre de guérillas désolait l’ile, et chassait la reine. Il fallut le succès du commandant Bonard à Fataua pour obtenir la soumission des rebelles et le retour de la reine à Tahiti, en mai 1847. Comme le dit très justement Paul Deschanel, « nous étions les maîtres de la position, nous ne devions plus avoir d’autres ennemis que nous-mêmes ». temporains les ont mises en relief. D’abord, les Ces fautes commises, tous les historiens conmariages qui, aux filles de la descendante de Tati, le noble chef tahitien de Papara, et d’un matelot anglais déserteur Salmon, avaient donné une filiation allemande et anglaise qui faillit accéder au trône, encore que ces unions, néfastes quoi qu’en dise dans un ouvrage semi-officiel, la princesse Takau-Pomaré-Vedel, descendante des Pomaré, n’aient pu développer leurs pires conséquences par suite du rattachement définitif de Tahiti à la France ; mais elles auraient pu mettre l’archipel dans les mains d’une dynastie anglo-saxonne.
458 LA REINE POMARÉ V ET LE PRINCE ARÜFAAITEPar ailleurs, la faiblesse de nos résidents laissa établir un synode protestant, toujours aux mains de nos rivaux ; des taxes et des règlements abusifs et les ordonnances (avril 1869) d’un gouverneur impopulaire créèrent des périodes troublées, durant lesquelles le protectorat lui-même, que sapait sourdement l’influence anglaise des Salmon et les menées commerciales des Allemands, parut parfois menacé. Il fallait en finir. En 1879, on commence à pressentir le prince alors régnant : Pomaré V, sur la remise totale de son royaume à la France. Faible, malade, il mit un an à peine à se laisser persuader, et, le 29 juin 1880, il effectuait la solennelle transmission de tous ses pouvoirs au gouvernement de la République française, demandant simplement pour lui la conservation de certaines prérogatives, et, pour son peuple, la survivance des lois et des coutumes tahitiennes. La ratification de cette donation, en décembre 1880, terminait, à l’avantage de la France, la lutte ardente qui s’était livrée autour de Tahiti.
L’histoire de Tahiti la Guerrière, après la pacifique abdication de son dernier roi, tiendrait en quelques décrets administratifs sur lesquels il ne serait pas nécessaire d’insister, si la guerre de 1914 n’y avait ajouté quelques pages sanglantes et glorieuses. Le 22 septembre 1914, les deux grands croiseurs allemands, le Scharnhorst et le Gneisenau, de l’escadre Von Spee, qui ont charbonné et se sont ravitaillés à Bora- Bora, en se faisant passer pour des bateaux anglais, apparaissent en vue de Papeete, qui n’a pour la défendre que la vieille canonnière la Zélée et quelques batteries de côtes de petit calibre. Mais le vaillant commandant Destremau, seul dans une ville que l’approche de l’ennemi a vidée de tout élément civil, saura, par des mesures judicieuses, inspirer à l’amiral Von Spee la crainte des surprises cachées dans cette petite cité dont le pavillon ne s’abaisse pas — dans cette passe inconnue, où la vieille Zélée, morte au champ d’honneur, vient d’être coulée pour obstruer le passage. Et les deux brillants croiseurs s’éloigneront, sans oser un débarquement, après avoir — facile et lamentable vengeance — tiré quarante-neuf obus sur une ville ouverte et sans défense, dont un tiers fut réduit en cendres. L’acte de cession signé par
459• LA SOCIETE ET DES ILES SOUS LE VENT Pomaré V et tous les cheis de son royaume porte d’une façon expresse : « Nous, Pomaré V, roi des îles de la Société et dépendances. » Ce n’était pas d’ailleurs la première apparition de ce titre. La tradition, les témoignages des chefs recueillis en maintes circonstances et qui proclamaient les Pomaré chefs suprêmes (arrii-nui) du Hau-pau-nui, ou gouvernement général des îles, des guerres en commun, des rivalités, tout confirmait en tous points l’enquête menée en 1845-1846 par l’amiral Bruat. Les Pomaré représentaient bien, aux yeux de tout l’archipel, la dynastie suzeraine. D’ailleurs, la filiation des terres était nette aussi, indiquée par celle des Maraës sacrés, ou autels. Raiatéa, avec son Maraë d’Opoa est l’ile sainte, berceau de la royauté, Bora-Bora en descend, qui est l’origine de Tahiti, à qui les Tuamotus se rattachent à leur tour... En somme, un royaume un, en une centaines d’îles éparses.
Cette constatation de fait, évidente pour tous, fut néanmoins dénoncée par la reine Pomaré, poussée par Pritchard. Après l’établissement du protectorat français sur Tahiti, elle déclara que les îles Sous le Vent n’étaient point de son royaume. Et tandis que la rusée souveraine, pour n’être point lésée, négociait l’accès de ses fils et filles aux trônes de Huahiné, Raiatéa et Bora-Bora, l’Angleterre, devinant la possibilité d’un nouveau succès diplomatique, imposait à la France la Convention de Jarnac (1847) par quoi les deux pays s’engageaient à respecter l’indépendance des Iles sous le Vent. Cette convention, arrachée à l’aide d’une supercherie évidente, allait être à la base de bien des difficultés et des renoncements.
4601858, tentatives américaines ; 1878, menées allemandes, appuyées par l’envoi de deux bateaux : l’Ariadne et le Bismarck, mais que déjouèrent l’émouvant attachement de la population à l’amitié française. Il faut lire à ce sujet la lettre poignante dans sa simplicité adressée au commandant français de Tahiti par la reine de Bora- Bora, pour lui annoncer qu’elle a refusé de signer un traité proposé par le commandant du Bismarck. Cependant, les efforts allemands aux Samoas mettaient les Iles sous le Vent dans un danger permanent ; aussi M. Caillet, inspecteur des affaires indigènes, en avril 1880, crut devoir accepter provisoirement la demande de protectorat français formulée par les chefs de Raiatéa-Tahaa. Il semble bien — si étrange que cela paraisse — que ce mouvement était dû en partie à l’influence du pasteur anglais de Raiatea, à qui son collègue de Tahiti disait le libéralisme dont la France faisait preuve dans ses rapports avec les églises protestantes de l’archipel. Bora-Bora et Huahiné étaient prêts à en faire autant ; mais le voisinage d’un bateau anglais : l’Osprey leur inspirait quelques réserves.
La réaction anglaise dormit quelque temps ; on peut même dire que ce furent les articles de la presse allemande qui l’éveillèrent. En vain, les sentiments de la population s’étaient-ils manifestés par la joie avec laquelle elle avait reçu (mai 1880) la visite officielle du commandant et de Mme Chessé, le ministre des Affaires étrangères, alerté par l’ambassadeur d’Angleterre, n’en désavoua pas moins, une fois de plus, la patriotique action de nos marins. Heures confuses, durant lesquelles, M. Chessé, sans ordres directs, subissait à la fois les démonstrations du capitaine anglais du bateau la Turquoise, les réflexes d’indigènes déçus par la France et poussés par les Allemands et les terribles incertitudes de l’infortuné capitaine de notre sta- PORT DE TOHARA. ÎLES TUAMOTUS tionnaire l’Orohéna.
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Quand les cabinets de Paris et de Londres se mirent enfin d’accord sur un protectorat provisoire, la pente était déjà difficile à remonter. Ce fut pire encore lorsque l’abandon de notre situation privilégiée aux Hébrides ayant fait les frais de l’accord de novembre 1887, qui abolissait la Convention de 1847, nous eûmes enfin les mains libres aux Iles sous le Vent.
Le parti protestant francophile, les grands chefs eux-mêmes s’étaient lassés de nos atermoiements. A Raiatéa, la résistance se cristallisa autour d’un meneur indigène : Térahupo. Longtemps - trop longtemps, la France voulut espérer que le temps, les gestes d’apaisement du gouverneur Papinaud, de
(Exbédition de 18g7, emplacement du combat où périt Matahi, des indigènes, calmeraient dernier chef insurgé). les esprits. Il fallut en venir à la répression (1897) : une guerre de guérillas sanglante, mais brève, que termina, en février 1897, la capture du chef rebelle. Ces oasis de calme verdure étaient désormais nôtres, arrachées définitivement cette fois à l’hégémonie anglosaxonne où communiaient contre nous les influences impérialistes de Monroë et de Bismarck. Vent et leur richesse avaient conduit L’enviable position des Iles sous le l’Angleterre à inspirer à la reine de Tahiti le désaveu d’une partie de ses droits de suzeraineté sur l’archipel. Les Tuamotus, grâce au ciel, devaient connaître une histoire moins agitée, encore que les premières pages en demeurent fort obscures.
462Sans doute leur peuplement n’est-il pas très ancien ; sa souche est probablement tahitienne et marquisienne. Dans une mythologie fantastique, on pourrait distinguer le souvenir d’une période troublée durant laquelle les luttes d’île à île se concentraient autour de l’ile guerrière d’Anaa. Puis le gouvernement de Pomaré réussit à prendre possession de l’archipel à la faveur des dissensions qui le déchiraient et consacra cette déchéance par le nom d’iles Pomotus (îles soumises). Possession incontestée de la dynastie tahitienne, elles suivirent le sort de l’ile suzeraine et furent comme elle rattachées à la France par l’acte de 1880.
Quelques iles voisines des Tuamotus semblent avoir eu une vie distincte, un peuplement peut-être un peu différent, la race mangarévienne présentant de frappantes analogies avec celle qui peuple la Nouvelle-Zélande. Bien que de même nature orographique, la géographie administrative des Etablissements français de l’Océanie a consacré ce particularisme en leur conservant ce nom de Gambiers, que leur donna en 1797 le navigateur Wilson. Ces parcelles de terre, malgré les polémiques politico-religieuses dont elles ont été l’objet, se sont vite orientées vers la France. Si la première demande de protectorat que certains placent en 1834 - l’année même de l’arrivée des missionnaires, dont l’établissement fut difficile - semble un fait historique douteux, il est certain que dès 1844, une demande en bonne et due forme fut rédigée sous l’impulsion des Pères de Picpus et agréée par le commandant Penaud (frégate la Charte), envoyé par Dupetit-Thouars. Un délégué aux Gambiers, le Père Liausu, fut nommé, le 12 décembre de la même année. Si la regrettable action d’un Père picpusien, le Père Laval, dont l’esprit autoritaire rêva peut-être d’un archipel indépendant sous la juridiction de son ordre, poussa (I), à deux ou trois reprises, les indigènes à tenter de dénoncer le protectorat, son départ, en 1871, permit de le consolider au contraire par un nouvel acte (30 novembre 187I). Mais les Américains, les Chiliens, les Allemands surtout, grâce à la Compagnie commerciale de l’Océanie, commençaient à s’intéresser à cet archipel minuscule, mais nanti d’une belle rade interinsulaire, et relai utile entre l’Australie et l’Amérique. Il fallait agir. En 1870, le ministre réorganise la résidence, jusque-là abandonnée trop exclusivement à la mission. Le lieutenant de vaisseau des Essards, arrivé en 1880, connut des heures difficiles, mais enfin la présence de l’énergique et adroit M. Chessé obtint des chefs mangaréviens une demande d’annexion totale (21 février 1881) qui fut sanctionnée par le Président de la République le 3o janvier 1882.
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La réunion à la France des îles Tubuai et Raïvavae s’opéra fort simplement en 1880, comme dépendances de Tahiti. Deux des iles australes : Rurutu et Rimatara semblaient être restées en dehors de l’hégémonie des Pomaré. Peut- TAHITIENS être furent-elles aussi un peu oubliées par la France ; des Européens y commerçaient, un navire allemand même fut alerté, des enquêtes ordonnées. Peut-être les passions s’enflammèrent-elles un peu vite autour de quelques abus, grossis par des adversaires.
464 PRISE DE POSSESSION DES MARQUISESs’y arrêta. Enfin, en 1889, un acte officiel de protectorat, suivi en 1900 et 1901 d’une annexion définitive, nous assura les dernières des îles australes, achevant de grouper dans nos mains toutes celles qui, depuis deux siècles, avaient gravité plus ou moins autour de Tahiti et de ses chefs. Avec l’archipel des Marquises, nous abordons une histoire toute différente et résolument particulariste. Tahiti ne semble avoir, à aucun moment, exercé sur lui une suprématie quelconque, et d’autre part, l’action de la France, plus rapide, plus décisive, supprima dès l’abord toutes les interventions européennes et les atermoiements qui en fussent résultés.
Dès 1791, du reste, cet archipel semblait nous être promis. Etienne Marchand, un commerçant navigateur, le déclara français et une haute pierre, à Nuka-hiva, consacre encore de nos jours le souvenir de cette prise de possession précoce.
DUMONT-D’URVILLEQuelques années plus tard (1797), un premier essai d’évangélisation tenté par la Société des missions de Londres échoua et, pendant de longues années, des baleiniers, des bâtiments de guerre ne firent que passer en vue des îles ou s’y arrêter pour peu de jours, jusqu’à l’arrivée (1813) du Commodore Américain Porter, venant y abriter les prises de guerre faites sur les Anglais. De l’extraordinaire odyssée de ce corsaire, qui fut mêlé pendant plus d’un an à toutes les luttes intestines de l’archipel, comme de celle plus fantastique encore du pseudo-baron Ch. Thierry qui, en 1835, se dit roi de Nuka-Hiva, rien ne devait rester. Ce fut donc à une terre vierge qu’aborda, le 2 août 1838, la Vénus du capitaine de vaisseau Abel Dupetit-Thouars. Tout de suite, le chef de Vaitahu (ile Tahuata) lotete prenait contact avec lui, échangeait son nom avec le sien, suivant l’amicale coutume maorie. Tout allait bien ; l’officier français laissant deux missionnaires picpusiens que lotete entoura de sollicitude, s’éloigna le 9 août. Une nouvelle visite française : Dumontd’Urville, avec son Astrolabe et sa Zélée, l’arrivée de trois nouveaux missionnaires (1839), tout semblait présager une occupation facile... Mais l’hostilité des farouches Marquisiens ne désarmait pas en dépit de leurs apôtres, les guerres intestines ne cessaient pas. Un matin d’avril 1842, le contre-amiral Dupetit-Thouars, à bord de la Reine- Blanche précédant huit bateaux, déploya sa petite flotte en face de l’ile Fatu-Iva. Il venait, au nom du roi Louis-Philippe, occuper, avec les Marquises, le point d’escale nécessaire à nos vaisseaux doublant le cap Horn pour des croisières lointaines.
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Le 28 avril, le vaisseau amiral mouillait devant Vaitahu, se mettait en rapport avec le Père Baudichon, supérieur de la mission. Iotete manifesta toute sa joie de revoir son frère blanc. Pourparlers amicaux, mais volontés fermes et, le rer mai, un acte officiel, signé du contre-amiral, du religieux et des grands chefs, consacrait la prise de possession par la France de Tahuata et du groupe Sud-Est des Marquises.
Le 29 mai, la Reine Blanche vogua vers une nouvelle mission ; le 31 mai, elle mouilla devant Taiohae (Nuka-Hiva) et la même scène se renouvela : visite amicale du chef Temoana de la tribu des Teii, puis des autres chefs, palabres cordiaux- HISTOIRE DES COLONTES. T. VIS et, là encore, reconnaissance paisible et joyeuse de l’annexion à la France du groupe Sud-Ouest (rer juin 1842).
466Le nouvel établissement demeura sous le commandement du capitaine de frégate Collet. Au cours des mois suivants, des compagnies d’infanterie de marine arrivèrent pour soutenir cette nouvelle et fragile colonie, à la naissance si rapide et, semblait-il, si facile. Les années qui devaient suivre furent traversées de révoltes indigènes sanglantes. Dès le 17 septembre 1842, deux de nos officiers : Halley et Lafon de Ladébat, tombaient sous les balles maories ; leurs successeurs maintenaient une paix difficile entre ces guerriers anthropophages, dont la guerre et le pillage étaient la raison de vivre. Chaque journée portait avec elle sa surprise et son danger.
La première parmi toutes les îles, Nuka-Hiva manifesta une détente. En 1860, le lieutenant de vaisseau de Kermel put prendre le titre de Résident, mais la sécurité était toujours bien fragile ; entre toutes les iles, Hiva-Oa se signalait par ses sombres orgies. Une épidémie de variole survint, qui désola Nuka-Hiva et Ua- Pou, tuant le quart de la population. Malgré la relative sérénité avec laquelle les autres puissances, mises en face du fait accompli, avaient accueilli l’occupation des Marquises, cette colonisation difficile portait en elle ses douleurs, et des années devaient passer avant que l’influence pacificatrice de nos lois et les leçons des missionnaires eussent apaisé définitivement cette race indomptable.
En 1880, Hiva-Oa était toujours ce foyer de cannibalisme, de rites sanglants et de révolte où se rallumait la férocité des Marquisiens. Il fallut une véritable campagne pour vider ce dernier abcès. L’état de siège, puis la surveillance militaire étroite durèrent plusieurs années.
467Mais déjà des jours plus calmes se levaient et la récolte récompensait les difficiles semailles. Dès 1881, en raison de l’annexion de Tahiti, l’administration de l’Océanie devint civile et fut placée sous l’autorité d’un gouverneur. Dans cet archipel marquisien encore frémissant, une série de décrets organisa progressivement le nouvel état de choses. Bientôt le cannibalisme et les guerres intestines ne furent plus que lugubres souvenirs ; et même lorsque, durant la dernière guerre, la flotte de l’amiral von Spee mouilla à Nuka-Hiva (27 septembre 1914), le terrible bombardement qui désola Papeete fut épargné aux Marquises.
Aujourd’hui, dans ces iles avant tout guerrières, une population désormais pacifique habite les admirables vallées creusées par les torrents dans les âpres montagnes volcaniques. Malheureusement, la maladie et l’affaiblissement de la race déciment cette population bien qu’elle ait cessé de s’entre-tuer ; la courbe démographique des Marquises s’affaisse et il faut souhaiter que les mesures sanitaires que l’on prend depuis quelques années sauvent cette population d’une disparition rapide.
Avec les Marquises, nos autres établissements de l’Océanie forment une colonie homogène, répartie en cinq groupes administratifs : Iles de la Société, Tuamotus, Marquises, Gambiers et Iles Australes. Le chef-lieu de ces établissements est à Papeete dans la grande île de Tahiti.
Notes de l'édition originale
- p. 462 (I) On trouvera dans tous les auteurs contemporains : Cuzent, Deschanel... des détails sur cette extraordinaire théocratie, qui, durant quarante ans, modela les Mangaréviens sous la main, sans doute ici un peu lourde, des Pères de Picpus, qui avaient évangélisé les Gambiers. Le Parlement français lui-
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Marguerite Verdat, « Établissements français de l'Océanie », dans Gabriel Hanotaux et Alfred Martineau (dir.), Histoire des colonies françaises et de l'expansion de la France dans le monde, t. VI, Madagascar — Les Comores — Les Mascareignes — Le Pacifique — L'Afrique du Sud, Paris, Société de l'histoire nationale — Plon, 1933, p. 449-468.
Édition numérique : https://colonies-francaises.pages.dev/tome-6/pacifique/etablissements-francais-de-l-oceanie/ · Fac-similé : gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k11002767